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La théorie de la motivation humaine de Maslow a façonné depuis des décennies les salles de classe, la thérapie et les séminaires de leadership comme cadre de croissance individuelle. Pourtant, on oublie souvent que ce même concept est profondément enraciné dans l’ADN de nos systèmes économiques. Le passage de la satisfaction des besoins fondamentaux et de la sécurité à la réalisation de soi ne concerne pas seulement l’épanouissement personnel : il illustre aussi l’évolution des sociétés, des marchés et des nations.

En y regardant de plus près, on retrouve la hiérarchie de Maslow dans l’ossature de chaque économie développée et dans les aspirations des économies émergentes. On la perçoit dans les politiques publiques, les programmes de sécurité alimentaire, les cycles d’innovation, l’emploi stable, l’accès à l’éducation, ou encore l’inclusion sociale : autant de mécanismes politiques et économiques qui font écho aux niveaux de besoins de Maslow. Ils reflètent notre instinct collectif à bâtir à partir de la survie physiologique vers une prospérité partagée.

Des exemples récents rappellent à quel point cette fondation est fragile : lorsque le programme américain d’aide alimentaire SNAP a connu une incertitude de financement en octobre 2025, l’anxiété ressentie par les familles à faible revenu a eu des effets mesurables sur la consommation et la participation communautaire et professionnelle. Ce cas d’école illustre comment le non-respect des besoins physiologiques de base compromet le progrès collectif. Le stress lié à la rareté se propage vers le haut, ralentissant le mouvement de la société vers des objectifs supérieurs tels que l’innovation, le bien-être et la prospérité partagée.

Ceux qui connaissent les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies remarqueront qu’il n’est pas fortuit que ces ODD suivent une logique similaire. Ils reprennent la vision du développement humain de Maslow et l’étendent de l’individu jusqu’au développement économique mondial : garantir que personne ne souffre de la faim ou de l’insécurité avant de permettre l’accès à une éducation de qualité, à l’égalité, puis à l’action climatique et, enfin, à la prospérité.

 

La hiérarchie des besoins de Maslow et son reflet économique 

Maslow a proposé que les êtres humains soient motivés par une série de besoins, souvent illustrés sous forme de pyramide comme celle représentée ci-dessous. Publication principale : Maslow, AH (1943). Une théorie de la motivation humaine. Psychological Review, 50(4), 370–396. https://doi.org/10.1037/h0054346 

Équilibre entre sécurité et réalisation économique Ciel dégagé Maslow

Diagramme adapté par l'auteur d'après le modèle conceptuel présenté dans *A Theory of Human Motivation* d'Abraham Maslow (1943). Maslow n'a pas initialement publié sa théorie sous forme de pyramide.

Bien que le modèle soit souvent perçu comme linéaire, sa force réside dans l’illustration de l’interdépendance entre la base et l’aspiration. Les recherches économiques confirment régulièrement cette vision : les sociétés qui satisfont les besoins fondamentaux bâtissent plus rapidement résilience et productivité. Les études montrent que le revenu est corrélé au bonheur et à l’innovation jusqu’à un seuil de suffisance, au-delà duquel les progrès reposent sur le sens, l’éducation et la mobilité sociale. La pyramide de Maslow est autant une feuille de route économique qu’un modèle psychologique.

 

Ce cadre nous a récemment incités, chez Clear Skies, à examiner comment Fonds d'impact équilibré Ciels bleus s'aligne naturellement avec la progression implicite.

Notre intention n'a jamais été de concevoir un fonds « inspiré de Maslow », mais plutôt de reconnaître qu'en investissant dans le progrès systémique, nous créons intrinsèquement de la valeur pour toutes les parties prenantes, y compris les populations, la planète et les actionnaires. C'est pourquoi, Les cinq thèmes d'impact du fonds (1. Besoins humains fondamentaux, 2. Infrastructures résilientes, 3. Action climatique, 4. Préservation de la planète, 5. Prospérité partagée) correspondent intuitivement à la même progression naturelle des besoins.

 

1. Besoins physiologiques : pris en compte par les thèmes d'investissement « Besoins fondamentaux » et « préservation de la planète » de Ciels bleus

Investissements garantissant l’accès à l’eau potable, à une alimentation nutritive, à un logement abordable et à des soins de santé, tout en protégeant les systèmes environnementaux qui les soutiennent. L’action climatique et la préservation de la planète sont au cœur de ce thème, car la dégradation environnementale menace directement nos besoins les plus essentiels.

 

2. Besoins en matière de sécurité : Investissements réalisés dans le cadre des thèmes « Infrastructures résilientes pour un ciel clair » et « Action climatique » de Ciels bleus

Construire des villes et communautés durables, soutenir la transition énergétique et favoriser l’inclusion financière forment la base de ce thème. Tout comme les individus recherchent la stabilité après avoir satisfait leurs besoins de survie, les sociétés investissent dans des systèmes fiables qui les protègent des aléas, s’adaptent au climat et permettent la planification à long terme.

 

3. Besoins d'appartenance : Recoupement avec la vision du thème « prospérité partagée » de Ciels bleus

Les investissements dans l’éducation, l’accès équitable et les systèmes inclusifs permettent aux personnes et aux communautés d’appartenir, de s’engager et de prospérer. La participation économique dépend du sentiment d’appartenance ; l’exclusion mine à la fois le moral et la productivité.

 

4. Besoins d'estime : également pris en compte par le thème d'investissement « prospérité partagée » de Ciels bleus

Investir dans le potentiel humain, c’est soutenir l’entrepreneuriat, le leadership et l’innovation. La reconnaissance et l’estime de soi ne sont pas des concepts abstraits : ce sont des ingrédients essentiels à une croissance durable et à des économies équitables.

 

5. Le dernier niveau, l'accomplissement de soi, est, à mon avis, le résultat et le reflet de l'ensemble du portefeuille d'investissements du « Fonds d’impact équilibré Ciels bleus ».

L’ensemble des investissements du fonds vise des changements systémiques transformateurs : décarbonation, économie circulaire, finance inclusive et politiques favorisant une croissance responsable. À long terme, cela crée une prospérité qui multiplie plutôt que divise.

 

Points clés à retenir

– L’univers investissable regorge d’entreprises de qualité qui transforme intentionnellement notre monde en réponse aux besoins réels de demain.

– Lorsque les fondations s’affaiblissent, les ambitions supérieures vacillent : ignorer la sécurité alimentaire, la santé ou les infrastructures au profit exclusif de l’innovation mène à une croissance fragile.

– Les marchés, tout comme les individus, sont motivés par des besoins non satisfaits. Comprendre où ces besoins se situent dans la hiérarchie permet de déployer le capital là où il catalysera le plus de valeur.

– Les économies modernes supposent souvent que les besoins de base sont déjà comblés, concentrant politiques et capitaux sur la productivité. Pourtant, les inégalités persistantes prouvent le contraire. Plus nous reconnaissons les couches fondamentales, plus nos systèmes économiques deviennent durables et équitables.

– En tant qu’investisseurs, nous ne finançons pas simplement des entreprises : nous participons à la réalisation collective du potentiel de leur croissance et de leur intention d’impact.

 

À propos de mon point de vue pour cet article :
Mon point de vue s'appuie sur une combinaison originale de disciplines : la psychologie, l'éducation, la philanthropie, la gouvernance d'entreprise, le changement comportemental et la finance. J'ai étudié la prise de décision, les facteurs de réussite des communautés et l'alignement des systèmes avec leur finalité. Au fil des années, j'ai travaillé au sein d'une fondation, siégé à des conseils d'administration d'organismes sans but lucratif, participé à des interventions comportementales, puis appliqué cette approche pluridisciplinaire à l'investissement à impact. Je suis heureux de partager mon point de vue dans cet article : comprendre les mécanismes de la réaction humaine, les flux de capitaux et comment ces deux éléments peuvent contribuer à créer davantage de valeur pour tous.